Pourquoi tu n’es pas nul au saxophone (même si tu le crois)
Quand on débute le saxophone, on pense souvent que la difficulté principale est technique : la posture, l’embouchure, le souffle ou les doigtés.
Pourtant, après plusieurs années d’enseignement, j’ai remarqué qu’un autre obstacle revient très souvent chez les débutants : le manque de confiance en soi.
Beaucoup d’élèves se jugent sévèrement, se focalisent sur leurs erreurs et oublient complètement les progrès qu’ils ont réalisés.
Si tu as déjà prononcé des phrases comme « Je suis nul », « Je n’y arriverai jamais » ou « Je progresse trop lentement », alors cet article est pour toi.
J’ai un scoop : non, tu n’es pas nul au saxophone.
1. Arrête de te focaliser sur tes erreurs
C’est quelque chose de très humain. Pour une raison que j’ignore, nous avons tous tendance à remarquer plus facilement ce que nous faisons mal que ce que nous faisons bien.
Et pourtant… Oui, tu as joué un mi à la place d’un fa. Oui, tu travailles ce morceau depuis plusieurs semaines. Mais non, je ne vais pas te dire que tu devrais déjà le jouer parfaitement. Les erreurs font partie de l’apprentissage. Nous en faisons tous, quel que soit notre niveau.
Au lieu de t’arrêter sur cette fausse note, regarde plutôt le chemin parcouru. Il y a quelques semaines, tu ne connaissais même pas ce morceau. Aujourd’hui, tu arrives déjà à en jouer une grande partie.
J’ai souvent ce type de discussion avec mes élèves. L’un d’eux a commencé le saxophone il y a seulement trois mois. Il partait de zéro : aucun instrument auparavant, aucune connaissance en solfège. Trois mois plus tard, nous travaillons déjà son troisième morceau. Et pourtant, à chaque erreur, il souffle, lève les yeux au ciel et se dévalorise.
Je suis régulièrement obligé de lui rappeler tout ce qu’il a déjà accompli et le fait qu’il est même en avance sur beaucoup d’autres élèves ayant commencé dans les mêmes conditions.
Le problème, ce n’est pas son niveau. Le problème, c’est qu’il ne voit plus ses progrès.
2. Arrête de jouer avec la peur de te tromper
Le mental joue un rôle énorme dans l’apprentissage d’un instrument. J’ai remarqué que beaucoup d’élèves utilisent des phrases comme :
- « Je vais essayer. »
- « Je la tente. »
- « Je vais essayer de ne pas me tromper. »
Cela peut sembler anodin, mais ces petites phrases traduisent souvent un manque de confiance. C’est pour cela que je leur répète régulièrement un célèbre slogan :
Just do it.
L’idée n’est pas de devenir arrogant ou de penser que tout va être facile. L’idée est simplement de se mettre dans les meilleures dispositions possibles avant de jouer. Quand tu commences un morceau en pensant déjà à l’erreur que tu risques de faire, tu augmentes ton stress et ton appréhension. À l’inverse, lorsque tu abordes un exercice avec davantage de confiance, tu joues plus détendu et tu te donnes de meilleures chances de réussir.
Comme le disait Kobe Bryant :
« Si vous pensez que vous allez échouer, alors vous allez probablement échouer. »
Cela peut paraître simpliste, mais il y a une part de vérité dans cette phrase. Apprends à te faire confiance. Plus tu réduiras ta peur de l’erreur, plus tu joueras avec liberté. Et plus tu joueras avec liberté, plus tu progresseras.
3. Enregistre toi régulièrement
J’en ai déjà parlé dans une vidéo précédente sur « Comment progresser rapidement au saxophone?« , mais c’est un conseil que je considère comme essentiel. Enregistre toi régulièrement. Pas forcément toutes les semaines. Une fois par mois est déjà largement suffisant.
Pourquoi ?
Parce que lorsque l’on joue tous les jours ou presque, les progrès sont souvent difficiles à percevoir. On a l’impression de stagner alors qu’en réalité, on avance. En comparant plusieurs enregistrements espacés dans le temps, tu pourras constater objectivement ton évolution et tu pourras peut-être remarquer que :
ton son est plus stable.
ta posture est meilleure.
tes doigtés sont plus fluides.
ta respiration est mieux maîtrisée.
Tous ces petits progrès finissent par s’accumuler.
Apprends également à célébrer ces petites victoires. Nous avons souvent tendance à attendre de grands résultats avant d’être satisfaits. Pourtant, chaque amélioration mérite d’être remarquée. Personnellement, il m’est arrivé de nombreuses fois de me remotiver simplement en réécoutant un ancien enregistrement. Ce que je croyais être une période de stagnation cachait en réalité de vrais progrès.
Pour conclure
Travailler ses gammes, son souffle ou sa technique est important. Mais travailler son état d’esprit l’est tout autant. Rappelle toi pourquoi tu as commencé le saxophone : pour te faire plaisir, progresser et vivre une passion, pas pour te juger à chaque erreur. De temps en temps, regarde dans le rétroviseur. Tu seras probablement surpris de voir tout le chemin parcouru.
Continue à travailler avec régularité, célèbre les petites victoires et fais toi confiance.
Les progrès arrivent souvent plus vite qu’on ne le croit. Et qui sait ? Les objectifs que tu t’étais fixés au début te sembleront peut-être un jour bien moins ambitieux que ce que tu seras réellement capable d’accomplir.
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